Ghislaine Vappereau
(scupteur)


 


Une négociation avec le réel :

La perception interprète le réel. Le regard élabore la vision pour la rendre intelligible en signes. Le réel même dans sa réalité tangible n’est donc jamais si éloigné de son abstraction, ils se soutiennent l’un l’autre. Mes sculptures décomposent des étapes dans ce processus de négociation depuis l’informe vers la forme reconnaissable et vice versa. Chaque transformation répercute l’étape précédente dans un cortège de transfiguration et de déchéance. Cette démarche convoque des pratiques qui se succèdent autour de cette même question. Chaque technique porte le souvenir de la précédente en tissant une mémoire de ces étapes. (installation, dessin, photographie, typographie, livre d’artiste, sérigraphie, bas-relief, sculpture, céramique, chorégraphie, vidéo, textile, marionnette, fonte…)

Espace et raccourci spatial

Le réel considéré est celui de l’espace de la cuisine, meubles, ustensiles, vaisselle, carrelage. Le travail a été amorcé par des installations à caractère scénographique, de cuisine reconstituée avec des objets défectueux. Des études accompagnaient ces installations sous forme de livres typographiques, photographies, dessin et sérigraphies. Ces études ont certainement introduit un basculement perspectif de l’espace à une frontalité, sous forme de bas-relief comme l’œil voit à deux dimensions et le regard à trois dimensions. La profondeur, le relief est un supplément accordé par le cerveau.

L’ensemble de la démarche repose sur une dualité entre perception et intellection : basculement constants des deux aux trois dimensions, moment arrêté à la fluidité du temps, de la reconnaissance à la dénégation, du signe au matériau.

Atmosphère de transformation

Avant Atmosphère de transformation, j’ai rangé l’atelier, transporté toutes les sculptures, monté les bas-reliefs sur des mezzanines, L’atelier est vide. C’est déroutant. Rien ne rassure, rien n’enclenche le travail dans une routine de gestes ou de préoccupation. Je me suis mise à l’épreuve.

Je vais à l’atelier, agite quelques papiers, inspecte des chutes de bois, laisse mon esprit vagabonder d’un coté puis de l’autre. J’attends, je laisse les idées remontées à la surface de la conscience, les projets abandonnés, les désirs impossibles. Je guette non sans inquiétude le moment où l’alchimie des idées et des sensations va prendre forme.

Ghislaine Vappereau

 


 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
Ghislaine Vappereau