Anaïs Lelièvre
(artiste)



 


 

Matrices indéterminées, sans cesse changeantes, les sculptures-performances CLOC impulsent des recherches écrites et dessinées qui tentent d’en ressaisir les possibles et s’en laissent déborder.


Les CLOCS sont réelles et hallucinantes, existentielles et sans raison d'être, tactiles et insaisissables, définies et fluctuantes, accomplies et larvaires, plissées et germinantes, épuisées et explosives, retenues et excessives, tentaculaires et rétractées, naissantes et étouffées, fortes et impuissantes, vaines et battantes, vivantes et agonisantes, habitées et délaissées, perdues et retrouvées, chaotiques et matricielles, archaïques et utopiques, présentes et ailleurs, contextuelles et sans lieu fixe, nomades et insistantes, cellulaires et urbaines, charnelles et publiques, autour et dedans, peaux et viscères, vêtements et corps ouverts, internes et externes, montrées et cachées, organiques et désorganisées, monstrueuses et familières, folles et ordinaires, proches et imprévisibles, discrètes et incontrôlées, insupportables et inséparables, enveloppées et déliées, isolées et entrouvertes, closes et poreuses, mutiques et interactives, individuelles et collectives, énigmatiques et partagées, secrètes et regardées, directes et désorientées, intégrées et inadaptées, protectrices et perturbantes, douces et violentes, subversives et pacifiques, légères et graves, drôles et inquiétantes, ridicules et fantasmatiques, burlesques et tragiques, hypersociables et inconscientes, insensées et trop pleines de sens, ignares et questionnantes.


CLOC m’exacerbe et me déborde. Je cherche à la saisir par le cerne d’une ligne qui rature en gribouillis tout ce qu’elle pourrait écrire. Jour après jour, sur cette grande feuille qui fait mon mur, je la désécris. Cette recherche vaine est détruite à mesure qu’elle s’écrit et trouve dans sa rature une forme de vie qui l’anime. Elle vibre dans ses aléas, errements et sinuosités et restitue ainsi une relation insensée voire écervelée, au sens de ce que serait une peau arrachée pour exhiber les méandres visqueux de la pensée. Une peau griffée, entrouverte, dans un griffonnage qui dans son ratage incessant fait toucher la pâte animale de la CLOC insaisissable.  


Le soir du vernissage, CLOC fera une apparition, incarnée par Coralie Hoareau.




 

 

 

 

Vues de L'exposition
 

Anaïs Lelièvre