Mon travail se développe à la croisée de la sculpture et de la peinture, autour d’une exploration des enveloppes du vivant.
Je considère le corps — humain, animal ou floral — comme une structure poreuse, un espace de passage où s’inscrivent les processus de transformation, de croissance et de disparition.
Les formes que je produis émergent d’un vocabulaire organique dans lequel les frontières entre les règnes deviennent instables. Une peau peut évoquer une écorce, un cœur de fleur prendre l’apparence d’un organe, des yeux l’aspect d’une branche, une anatomie animale se fondre dans une structure végétale. Ces rapprochements donnent naissance à des formes hybrides qui échappent à toute classification stricte et interrogent notre rapport aux catégories du vivant, elles deviennent aussi archétypales et ainsi reconnaissables par tous.
La matière occupe une place centrale dans ma pratique. Par le modelage, l’accumulation, la stratification ou le travail de la surface, je cherche à faire émerger des tensions entre protection et vulnérabilité, attraction et étrangeté, présence et effacement. L’enveloppe n’est plus seulement une limite ; elle devient un lieu d’échange, de mémoire et de mutation.
Mes œuvres proposent ainsi une réflexion sur l’interdépendance des formes de vie et sur les continuités qui relient les corps entre eux. Elles invitent à envisager le vivant comme un ensemble de métamorphoses permanentes, où les identités demeurent mouvantes et les frontières constamment redéfinies.
Agnès Pezeu